Mon expérience de l'allaitement ou comment j'ai su renoncer et me déculpabiliser

S'il y a bien une question que l'on vous pose avant même que bébé soit né c'est si vous comptez l'allaiter. Sans pour autant être pro-allaitement mais étant convaincue que c'est ce qu'une maman peut offrir de mieux à son enfant je m'étais dit que j'allais au moins essayer.  C'est ce que j'ai fait... pendant 8 jours. Alors oui c'est extrêmement peu, mais même si l'allaitement reste un choix très personnel il arrive parfois que des éléments extérieurs viennent tout chambouler. On se met alors à culpabiliser... seulement dans le fond, le plus important c'est que bébé mange et puisse se développer normalement, non? Aujourd'hui, avec le recul, je n'ai aucun regrets... Si bien que j'ai eu envie de vous raconter mon histoire:
Mon expérience de l'allaitement ou comment j'ai su renoncer et me déculpabiliser
Avant de tomber enceinte je n'étais pas spécialement pour ou contre l'allaitement. Je n'avais absolument pas peur de la douleur cependant de nature réservée je ne m'imaginais pas pouvoir donner le sein en public, j'étais aussi assez réticente sur le fait d'être la seule à pouvoir nourrir mon enfant et donc de devoir être disponible H24... mais malgré tout j'étais absolument convaincue que le lait maternel reste ce qu'il y a de meilleur pour le bébé et étais prête à prendre sur moi pour son bien à lui. J'ai donc suivi le cours dédié à l'allaitement lors de ma préparation à l'accouchement, je me suis équipée (aperçu des produits qui m'ont servi juste iciet me suis renseignée sur l'allaitement afin d'être, au moins mentalement, prête pour le jour J. 
Puis Noah est arrivé et 
comme je le raconte dans le récit de sa naissance, à peine sorti du ventre on me l'a laissé en peau à peau un long moment, l'idéal pour lui proposer la fameuse "tétée d'accueil". Bien que la  maman ne dispose que de colostrum et pas encore de lait, cette tétée est primordiale puisqu'elle permet de transmettre au bébé des anti-corps. Et bien ce fut un échec, Noah n'arrivait pas à téter et s'endormait, "il est fatigué et se remet de l'accouchement" m'a-t-on-dit...  Une fois installés dans la chambre et après que nous ayons récupéré un peu tous les deux on a réessayé. Et là, même chose, il avait du mal à s'accrocher et quand il y parvenait, il s'endormait au bout de quelques minutes. Toutes les 2 heures une auxiliaire de puériculture passait pour m'aider à le mettre au sein mais Noah avait vraiment du mal. Avec les changements d'équipes, je pense que j'ai eu droit à tous les discours possibles et j'ai dû essayer toutes les positions (allongée, ballon de rugby...) mais rien n'y faisait. Si bien que Noah a commencé à perdre du poids...

Alors c'est tout à fait normal qu’un bébé allaité perde du poids les premiers jours puisque la maman n'a pas encore de lait, il est même toléré que le bébé perde jusqu'à 10% de son poids de naissance seulement, à la maternité où j'ai accouché, on n'a pas attendu qu'il atteigne cette limite pour lui donner des compléments, comprendre par là des biberons de lait artificiel. Et ça, clairement, je pense que ça a un peu ruiné mon allaitement

En effet, après avoir goûté à son premier complément, Noah a dû se dire "mais pourquoi s'embêter à essayer de téter au sein alors qu'avec le biberon ça coule tout seul? " puisqu'il était encore plus fainéant au moment des tétées! Sauf que s'il n'y a pas de stimulation, la montée de lait on peut toujours l'attendre :-/ Convaincue que mon lait serait meilleur pour mon enfant, j'ai donc demandé un tire-lait pour pouvoir stimuler ma lactation, mon idée était par la suite de tire-allaiter puisque Noah n'arrivait pas à téter au sein. Et là j'ai juste eu l'impression de passer pour une folle, on a essayé de me dissuader de le faire, que ça allait trop me fatiguer et qu'il valait mieux que je le passe au lait artificiel d'autant plus que monsieur était en train de faire une jaunisse.

Mon expérience de l'allaitement ou comment j'ai su renoncer et me déculpabiliser
Sauf que je suis très têtue et à force de réclamer j'ai fini par obtenir mon tire lait! J'ai donc "tiré mon lait" toutes les 3h, de jour comme de nuit, récoltant ainsi quelques millilitres de colostrum que je donnais à Noah au biberon en complétant avec un peu de lait artificiel mais toujours après lui avoir proposé le sein en première intention histoire qu’il ne perde pas l’habitude. Et de cette manière Noah a "cassé sa courbe de poids" c'est à dire qu'il a arrêté d'en perde et commencé à en prendre. Sauf que, qui dit courbe de poids cassée et pas de complications, dit sortie de la maternité... Ainsi, le 3ème jour de mon séjour à la maternité, j'ai appris après la pesée du matin (à 11h) qu'on sortait le jour même et qu'il fallait libérer la chambre pour midi! Sentant ma montée de lait arriver, j'ai demandé si je ne pouvais pas rester un jour de plus histoire d'être aidée pour la mise en place de l'allaitement, car oui je comptais toujours allaiter... mais ce n'était pas possible...

J'étais totalement perdue et désemparée, le pire c'est que la sage femme et l'auxiliaire de puériculture qui se sont occupées de ma sortie avaient des discours diamétralement opposés. Quand l'une me disait d'oublier ma montée de lait et de serrer les dents pendant 4 jours le temps que ça passe l'autre me prescrivait une ordonnance pour la location d'un tire lait. Je suis donc rentrée chez moi, mon bébé sous le bras en mode "maintenant démerde toi".


L’allaitement n’ayant pas pu être mis en place correctement à la maternité, j’étais prête à faire une croix dessus sauf que je ne savais même pas quel lait artificiel acheter. Les compléments de la maternité étant des mini biberons déjà tout prêts, tout ce que je savais c'était qu'ils étaient de la marque Gallia. Comme Noah les tolérait bien j'ai donc acheté un lait 1er âge de cette marque. Concernant les biberons, j'avais reçu quelques jours avant la naissance de Noah tout un set de la part de la marque MAM je pensais donc être équipée
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Vint alors la première tétée de Noah à la maison et là ça a été un des pires moments de ma vie puisque mon bébé a fait une fausse route. En l'espace de quelques secondes je l'ai vu devenir tout bleu et tout mou comme une poupée de chiffon, des secondes interminables... Heureusement, il a vite retrouvé son souffle et s'est remis à respirer mais ça reste de loin une des expériences les plus traumatisantes de ma vie. Une fois ses esprits retrouvés, pour Noah ça semblait être comme si rien ne s'était passé, il était juste affamé et réclamait son biberon. On a donc réessayé de lui donner et rebelote, en fait le lait coulait si vite qu'il n'avait pas le temps d'avaler et il s'étouffait... C'était pourtant une tétine du plus bas débit (car oui j'ai appris à ce moment-là que les tétines avaient des vitesses) mais habitué au « sein avant montée de lait » et aux tétines des biberons de la maternité hyper rigides il devait tirer tellement fort que ça coulait tout seul. 

Il était tard, je n'avais pas d'autre biberon et surtout je sentais ma montée de lait arriver, alors je l'ai mis au sein et ça a marché!  Les 2 jours qui ont suivi, je l'ai donc allaité exclusivement au sein. Puis j'ai reçu la visite de la sage-femme qui vient contrôler comment se passe le retour à la maison. Elle a pesé Noah et il faisait le même poids qu'à sa sortie de la maternité alors qu'il aurait dû en prendre, mais pour la sage-femme il n'y avait rien d'inquiétant étant donné que je mettais en place l'allaitement. Seulement lorsqu'elle est revenue 2 jours plus tard Noah avait perdu du poids, signe que l'allaitement ne se passait pas bien alors que j’avais du lait. Il a donc fallu compléter avec du lait artificiel... Sauf que j'étais terrifiée à l'idée de lui donner un biberon, tellement peur de revivre le même cauchemar!  En plus avec la chute des hormones, je me mettais facilement dans tous mes états. C'est donc en pleurs, paniquée au moindre bruit suspect de respiration ou de déglutition que j'ai donné un biberon à mon fils. Un biberon d'une autre marque que le chéri était allé acheter exprès et qui malheureusement ne convenait pas non plus à Noah puisqu'il avait encore manqué de s'étouffer... 
A ce moment-là j'étais juste désespérée, mais traumatisée par les biberons, j’étais déterminée à réussir mon allaitement et suis allée chercher du soutien auprès de mes copines qui avaient allaité et d'Aurélia, une conseillère en lactation que j'avais rencontrée quelques semaines auparavant lors d'une mum to be party. Aurélia était en vacances à ce moment-là mais avec toute la gentillesse et toute la bienveillance qui la caractérisent, elle a pris du temps au téléphone avec moi pour élaborer un plan de sauvetage de mon allaitement le temps qu'elle revienne de vacances et puisse voir sur place ce qui clochait. Ce plan consistait à nourrir Noah au lait artificiel (en essayant toutes les marques de biberons s'il le fallait) car la priorité était qu'il mange et reprenne du poids mais en continuant en parallèle à stimuler ma lactation en repassant au tire lait toutes les 3h (histoire de pouvoir encore avoir du lait quand Aurélia rentrerait). Ça n'allait pas être facile mais j'étais motivée à bloc pour pouvoir nourrir mon fils correctement. Seulement, au moment où je raccrochais le téléphone avec Aurélia j'ai reçu un appel m'annonçant une terrible nouvelle: une de mes amies venait de décéder brutalement, comme ça, à 29 ans, laissant ses deux petits bouts de 2 ans et demi et 6 mois. Je vous laisse imaginer l'état dans lequel j'étais....
Mon expérience de l'allaitement ou comment j'ai su renoncer et me déculpabiliser
J'ai alors pris une décision radicale: pour le bien de mon bébé j'arrête de m'obstiner avec l'allaitement. Convaincue qu' il valait mieux pour Noah du lait artificiel et une maman qui se préserve pour faire face à tout ce qu'il lui arrive plutôt que du lait maternel avec une maman au fond du gouffre. Et cette décision n'a pas été facile, j'ai énormément culpabilisé. Je ne comprenais pas pourquoi je n’arrivais pas à allaiter mon fils alors que c’est ce qui est prévu par la nature et je vivais ça comme un véritable échec personnel. L'état émotionnel dans lequel j'étais à ce moment-là était vraiment très difficile à gérer et j'ai dû énormément prendre sur moi pour essayer de ne pas communiquer mon stress à Noah, surtout durant la prise des biberons. Et je peux vous dire que je n'ai jamais eu une aussi grosse boule au ventre de ma vie. En plus le chéri était totalement dépassé par la situation, il n'osait pas donner le biberon à Noah de peur qu'il refasse une fausse routeet ne savait pas trop comment réagir lorsque j'étais au plus mal mais on s'en est sorti et aujourd'hui quand j'y repense, je n'ai pas honte de le dire, je suis vraiment fière de nous! 

On a fini par trouver le biberon qui allait bien, on a pris confiance tous les 2 et on a tout fait pour que Noah remonte sa courbe de poids quitte à mettre un réveil toutes les 3h pour le nourrir. Car, affaibli, Noah était en mode « économie d’énergie » en passant son temps à dormir et en ne réclamant pas à manger. Alors oui, j’ai réveillé mon bébé pour lui donner à manger toutes les 3h et au bout de quelques jours il avait rattrapé sa courbe de poids. On allait le peser 2 fois par semaine à la PMI et voir les chiffres grimper sur la balance m’a énormément aidée à déculpabiliser d’avoir laissé tomber l’allaitement.

J’étais également rassurée de pouvoir contrôler les quantités prises grâce aux biberons. En plus, au fil du temps le chéri a pris confiance et a commencé à donner des biberons, ce qui a pu me dégager du temps pour moi et ça ça m’a fait un bien fou. J’ai pu par exemple m’absenter sereinement une journée entière quand Noah avait 2 semaines afin d’assister aux funérailles de mon amie, chose extrêmement importante pour moi et que je n’aurais sans doute pas pu réaliser en allaitant. Histoire de pouvoir évacuer et me vider l’esprit je sortais régulièrement, je participais à des évènements blog ou promenait longuement Gimmy. Ce n’était jamais long à chaque fois, 1 ou 2h tout au plus mais j’étais parfaitement sereine pendant ces labs de temps et c’est ce qui m’a aidée à tenir bon. 

Mon expérience de l'allaitement ou comment j'ai su renoncer et me déculpabiliser
Car on ne va pas se mentir, même sans tout ce qui m’est arrivé, l’après accouchement c’est quand même une période difficile pour la maman. On est totalement livrés à nous même en sortant de la maternité, on se pose des milliers de questions, on a peur de ne pas bien faire les choses… Un stress énorme auquel s’ajoutent les douleurs physiques, le manque de sommeil et la chute des hormones. Du coup, avec du recul, je me dis que j’ai vraiment bien fait de passer au biberon car l’allaitement aurait été beaucoup trop lourd pour moi. Surtout que Noah se porte à merveilles, il explose ses courbes de taille et de poids et n’a eu aucun souci de coliques ou de reflux. Alors bien évidemment, tout ceci n’est que mon histoire, dans un contexte bien particulier et certainement que d’autres personnes auraient agi différemment mais en tout cas voilà comment ça s’est passé pour nous, et je n’ai aucun regrets !
A très vite!

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