Présentation de Muriel et son message aux Givrées

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Je vous laisse découvrir le message d'Audrey que j'ai pris beaucoup de plaisir à lire et qui souhaitait adresser un message au groupe des Givrées. 

Merci Audrey, je suis certaine que ton message va amener une réflexion très intéressante !
Je te souhaite également une excellente continuation avec cette sérénité qui t'accompage ;-) !

Bonsoir Citron Jaune,

J'ai découvert le blog par hasard sur Pinterest l'autre soir et je viens de prendre le temps de le lire. J'ai trouvé ces témoignages très intéressants, certains drôles, d'autres émouvants et ce fut une lecture passionnante. Merci donc pour cette publication.
A vrai dire, j'étais aussi fort étonnée qu'une telle communauté de givrées ait vu le jour; mais à bien y réfléchir c'est finalement très logique. D'abord parce que la tendance au "cheveu gris version Mère Nature" est partout depuis quelques années (enfin, aux Etats-Unis en tout cas). Et ensuite parce que prendre la décision de revenir au naturel, c'est-à-dire de ne plus tricher - quand il s'agit d'âge véritable et qu'on est une femme tout du moins - cela reste un sujet très sensible chez la plupart des gens. Le 'peer pressure' comme on dit Outre-Manche, demeure très intense en la matière. Il faut être mince et jeune, sinon on est grosse et vieille, n'est-ce pas ? Enfin soit.
Un autre étonnement, c'est d'être tombée par hasard sur le blog, sans le chercher, alors que j'entame mon 7ème mois de "bicolorité" comme vous l'appelez. Je suis en effet une givrée en voie de givrage. Givrée au sens premier je l'ai toujours été, bien avant d'avoir des cheveux blancs. Mais lorsque le moment est arrivé de cesser de teindre mes cheveux, je n'ai absolument pas eu besoin d'encouragement ou de paroles rassurantes. J'ai toujours su que le milieu de la quarantaine serait mon moment pour revenir à ma vraie couleur : j'ai cette date en tête depuis l'adolescence. Et lorsque j'ai eu 46 ans en juillet dernier, j'ai mis le processus en route sans le moindre état d'âme. Mon but c'est ma couleur naturelle et les cheveux au milieu du dos pour mon cinquantième anniversaire. J'ai donc toujours su qu'il me faudrait 4 ou 5 ans pour y arriver, raison pour laquelle j'ai "entamé la phase repousse" il y a sept mois.
C'est en cela que le blog et les témoignages m'étonnent : les doutes, les craintes, les problèmes d'esthétique ou de qu'en dira-t-on me passent personnellement largement au-dessus de la tête (c'est le cas de le dire). J'ai été assez désolée d'apprendre que je pourrais bien être une exception, là encore. Je peux bien m'imaginer, à lire les "givrées", que ce processus de repousse doit être extrêmement pénible si l'on n'est pas comme je le suis froidement déterminée et totalement étanche aux remarques ou à l'opinion des autres. Ou même aux modes, aux convenances ou aux "choses qui vont de soi".
C'est pour cela que je vous écris. Pour que vous puissiez leur dire, à toutes, que ce qui compte ce n'est pas la tête que font les autres en voyant leur tête à elle. Ce qui compte, avant tout, c'est qu'elles soient heureuses dans leur tête, heureuses d'avoir toutes les belles choses que Mère Nature y a mises : la bonté, l'intelligence, l'humour, la passion, la créativité, etc. Mais aussi, surtout, qu'elles soient fières de la chevelure que cette folle de Nature leur a donnée, à elles et à personne d'autre, parce qu'elles sont uniques et que, n'en déplaise à certain géant de l'industrie du silicone capillaire, elles le valent (vraiiiiiiiiment) bien. Et qu'elles n'ont besoin ni de teinture ni de coiffeur pour être belles comme personne d'autre au monde.
Et enfin j'ai un message spécial pour les givrées aux cheveux longs comme les miens (trèèèèèès longs en ce qui me concerne) : la bicolorité, c'est inévitable et c'est normal. Il ne faut ni en avoir honte, ni en avoir peur. Il faut simplement l'accepter, au même titre qu'on accepte les cheveux blancs, les rides et tout ce qui nous arrive lorsqu'on vieillit. Couper tout court, décolorer, faire des balayages, ce sont à mes yeux plutôt des pis-allers, comme les teintures. C'est céder aux considérations "des autres". C'est toujours un peu se cacher. C'est refuser de prendre le temps de changer à son rythme pour ne "déranger" personne. Même s'il faut pour cela se déranger soi et en passer par les cheveux courts alors qu'on les voudrait longs; ou les cheveux grillés par une décoloration alors qu'on veut justement revenir au naturel. 
Personnellement, ce ne sont pas quelques centimètres de cheveux colorés sous quelques centimètres de cheveux naturels qui vont me dicter ma conduite ou mes sentiments. Je parviendrai à mon objectif, centimètre par centimètre. Et je vais savourer chaque jour qui passe en soignant amoureusement mes longueurs, comme je l'ai toujours fait : entièrement jubilatoire ;) 
Il faut dire que j'ai beaucoup apprécié le châtain cuivré de mes colorations passées; mais j'adore aussi ma récente couleur toute noire avec un diadème tout scintillant de vrais blancs. Donc en fait j'aime autant le haut argenté que le bas cuivré; les deux couleurs me plaisent. Je m'aime comme je suis; c'était vrai hier, c'est vrai aujourd'hui et cela restera vrai demain. Pour moi, l'important, c'est que ce que je suis corresponde exactement à ce que je veux être : le moins conventionnel sera le mieux. Donc la démarcation, en fait, je l'aime. Je n'essaie ni de la planquer ni de l'ignorer : elle fait partie du processus et prouve donc que je suis en plein dans la réalisation de mon objectif final. Je me respecte, c'est ça qui compte. D'ailleurs, personne ne m'a encore manqué de respect : ça doit se sentir, que je suis au clair avec mon look, mon objectif et mes envies ;)
Je vous souhaite une belle continuation à vous et à toutes les givrées,
Ainsi qu'une année 2016 sous le signe de la Joie (2016 à l'envers, sur les réseaux sociaux)
MD